Ce qui a changé le 7 août 2026
Si vous roulez en trottinette électrique à Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis ou dans le Val-de-Marne, deux équipements sont devenus obligatoires du jour au lendemain : le casque et un équipement rétro-réfléchissant.
La mesure vient d'un arrêté de la préfecture de police publié le vendredi 7 août 2026, entré en vigueur immédiatement. Elle ne concerne pas seulement les trottinettes : gyropodes, monoroues et hoverboards sont logés à la même enseigne.
Et surtout, elle vaut à toute heure — de jour comme de nuit. C'est le point que la plupart des usagers n'ont pas encore intégré.
| Question | Réponse |
|---|---|
| Depuis quand ? | Le 7 août 2026, application immédiate |
| Où ? | Paris, Hauts-de-Seine (92), Seine-Saint-Denis (93), Val-de-Marne (94) |
| Qui ? | Tous les conducteurs d'EDPM, quel que soit leur âge |
| Quels engins ? | Trottinettes électriques, gyropodes, monoroues, hoverboards |
| Quand dans la journée ? | À toute heure, y compris en plein jour |
| Combien ça coûte ? | 135 € sans casque, 35 € sans équipement rétro-réfléchissant |
1. Pourquoi cet arrêté, et pourquoi maintenant
La préfecture de police justifie sa décision par un constat chiffré et par la nature des blessures observées.
Les EDPM circulent en nombre croissant à Paris et en petite couronne, et le nombre d'accidents corporels les impliquant augmente significativement — avec une proportion importante de traumatismes crâniens graves ou mortels. L'arrêté souligne la vulnérabilité structurelle de ces engins : pas de carrosserie, une vitesse qui n'est pas négligeable, une faible visibilité, et une cohabitation permanente avec des véhicules bien plus lourds.
Les chiffres nationaux vont dans le même sens. Selon les données citées devant l'Assemblée nationale, la mortalité en EDPM est passée de 35 personnes en 2022 à 42 en 2023. Et sur le seul premier semestre 2025, on comptait 22 morts — une hausse de 83 % par rapport à la même période de 2024 — ainsi que 416 blessés, en hausse de 45 %.
Autrement dit : la trajectoire ne s'infléchissait pas. Les préfectures ont pris la main là où le législateur n'avait pas tranché.
2. Le vrai changement : le gilet, en plein jour
Sur le casque, la nouveauté est claire : il n'était que recommandé en agglomération, il devient obligatoire.
Mais le changement le plus déroutant concerne l'équipement rétro-réfléchissant. Jusqu'ici, le code de la route ne l'imposait que la nuit, ou de jour lorsque la visibilité était insuffisante : pluie, brouillard, tunnel. Un trajet à midi sous un ciel dégagé n'était pas concerné.
Ce n'est plus le cas en petite couronne. L'exception diurne disparaît. Un gilet ou un équipement rétro-réfléchissant est désormais exigé sur tout trajet, quelle que soit l'heure et quelle que soit la météo.
Concrètement : si vous partiez au bureau à 8 h en trottinette, sans casque et sans gilet, vous étiez parfaitement en règle le 6 août. Le 7 août, le même trajet vous expose à 170 € d'amende.
3. Les sanctions, dans le détail
Les deux infractions sont distinctes et cumulables :
- Absence de casque : 135 € (amende forfaitaire)
- Absence de gilet de haute visibilité ou d'équipement rétro-réfléchissant : 35 €
Un contrôle sur un usager ni casqué ni équipé aboutit donc à 170 €.
Ces montants s'ajoutent à ceux déjà prévus par le code de la route, qui n'ont pas bougé : 135 € pour la circulation sur un trottoir, 135 € pour un conducteur de moins de 14 ans, 35 € pour le transport d'un passager, jusqu'à 1 500 € pour un engin dépassant 25 km/h.
4. Une phase de pédagogie, puis les verbalisations
L'arrêté est entré en vigueur immédiatement, mais son application a été progressive sur le terrain.
Dans les jours qui ont suivi la publication, les patrouilles ont d'abord fait de la prévention : arrêter, expliquer, laisser repartir. Beaucoup d'usagers interpellés n'avaient tout simplement pas connaissance de la mesure — l'arrêté ayant été pris en plein mois d'août, sans campagne d'information préalable.
La mairie de Paris, qui se dit favorable au principe, a d'ailleurs indiqué ne pas avoir été avisée d'une mise en œuvre aussi rapide au cœur de l'été, et souhaite que la mesure soit déployée en bonne intelligence, avec des contrôles préventifs dans un premier temps.
Cette phase de tolérance touche à sa fin. Si vous roulez dans les quatre départements concernés, considérez que vous êtes désormais verbalisable.
5. Qui est concerné — et qui ne l'est pas
Concernés
Tous les engins de déplacement personnel motorisés : trottinettes électriques, gyropodes, monoroues, hoverboards. Le critère est simple : un moteur, une conduite debout, un seul occupant.
L'obligation vaut quel que soit l'âge du conducteur. C'est le point qui surprend le plus : il ne s'agit pas d'une mesure visant les mineurs, elle s'applique à un cadre de 45 ans comme à un lycéen de 15 ans.
Non concernés par cet arrêté
- Les vélos, y compris à assistance électrique
- Les trottinettes mécaniques, sans moteur
- Les rollers, skateboards non motorisés et patinettes d'enfants
C'est une asymétrie que plusieurs acteurs de la sécurité routière contestent : l'association Prévention routière plaide pour une généralisation à tous les usagers, cyclistes compris, et à l'ensemble du territoire.
Et les draisiennes électriques ?
Une draisienne électrique avec selle relève de la catégorie des cyclomobiles légers, pas des EDPM. Le texte de l'arrêté vise expressément les EDPM. Si vous roulez sur un cyclomobile léger en petite couronne, vérifiez auprès de la préfecture avant de conclure que vous n'êtes pas concerné — et portez un casque dans l'intervalle : sur ce type d'engin, il relève de toute façon du bon sens élémentaire.
6. Comment se mettre en conformité
La bonne nouvelle : la mise en conformité coûte moins cher qu'une seule amende.
Le casque
Il doit être homologué et correctement attaché. Un casque non attaché équivaut à un casque absent aux yeux d'un agent — et ne protège de rien en cas de chute.
Cherchez le marquage CE et la norme EN 1078, qui est la norme européenne des casques pour cyclistes, skateurs et usagers de trottinettes. Comptez 30 à 80 € pour un modèle correct. Un casque de vélo convient parfaitement.
Quelques repères pour bien choisir : le casque doit tenir seul sur la tête avant même d'attacher la jugulaire, ne pas basculer vers l'arrière, et laisser environ deux doigts entre le sourcil et le bord avant. Un casque ayant subi un choc violent doit être remplacé, même s'il paraît intact.
L'équipement rétro-réfléchissant
Le classique gilet de haute visibilité fait l'affaire, coûte quelques euros et se plie dans une sacoche. Mais ce n'est pas la seule option : brassards, baudriers, harnais ou vestes intégrant des bandes rétro-réfléchissantes conviennent également.
Attention à une confusion fréquente : un vêtement de couleur vive n'est pas un équipement rétro-réfléchissant. Le fluo se voit de jour, le rétro-réfléchissant renvoie la lumière des phares. C'est le second que le texte exige.
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7. Vous n'habitez pas en petite couronne ? Lisez quand même
La mesure parisienne est la plus visible, mais elle n'est pas isolée. Plusieurs préfectures l'ont précédée ou suivie, chacune avec ses modalités :
- Les Alpes-Maritimes imposent casque et gilet à tous les usagers d'EDPM, de jour comme de nuit, depuis le 2 avril 2026.
- Le Vaucluse a pris un arrêté en juin 2026.
- Le Cher impose le casque depuis le 3 juillet 2026, y compris sur les pistes cyclables.
- Le Nord et la Seine-et-Marne ont également légiféré, avec des dates d'application distinctes.
Le mouvement est net. Il est raisonnable de supposer que d'autres départements suivront, et qu'une généralisation nationale finira par être arbitrée par le législateur — la question revient régulièrement devant le Parlement depuis 2019 sans avoir jamais abouti.
Le réflexe à prendre : avant un déplacement dans un département que vous ne connaissez pas, une recherche rapide sur le site de la préfecture concernée. Les règles ne sont plus les mêmes d'un département à l'autre.
8. Ce qui n'a pas changé
L'arrêté ajoute deux obligations. Il ne modifie rien d'autre. Restent applicables partout en France :
- 25 km/h maximum par construction
- 14 ans minimum
- Trottoir interdit, sauf autorisation municipale
- Un seul occupant par engin
- Assurance responsabilité civile obligatoire
- Feux, avertisseur sonore, freins et catadioptres en état de marche
- Écouteurs interdits pendant la conduite
Notre guide complet de la réglementation 2026 →
Questions fréquentes
Le casque est-il vraiment obligatoire à Paris maintenant ?
Oui, depuis le 7 août 2026, à Paris et dans les trois départements de la petite couronne. C'est une exception au cadre national, qui ne l'impose toujours pas en agglomération ailleurs en France.
Le gilet est-il obligatoire même en plein jour ?
Oui. C'est la principale nouveauté de l'arrêté. Le code de la route ne l'exigeait que la nuit ou par visibilité insuffisante ; en petite couronne, il est désormais exigé à toute heure.
Combien risque-t-on exactement ?
135 € pour l'absence de casque, 35 € pour l'absence d'équipement rétro-réfléchissant. Les deux se cumulent, soit 170 € pour un usager sans aucun des deux.
Les vélos sont-ils concernés ?
Non. L'arrêté vise les engins de déplacement personnel motorisés. Les vélos, y compris à assistance électrique, en sont exclus.
Un casque de vélo suffit-il ?
Oui, dès lors qu'il est homologué CE selon la norme EN 1078 et correctement attaché.
Un blouson fluo remplace-t-il le gilet ?
Pas nécessairement. Le texte exige un équipement rétro-réfléchissant, c'est-à-dire renvoyant la lumière des phares. Une couleur vive sans bande rétro-réfléchissante ne répond pas à l'obligation.
Cet arrêté est-il permanent ?
Un arrêté préfectoral peut être limité dans le temps, reconduit ou contesté devant le tribunal administratif. Nous n'avons pas d'information sur une échéance à ce jour. Nous mettrons cet article à jour à chaque évolution.
En résumé
Depuis le 7 août 2026, casque et équipement rétro-réfléchissant sont obligatoires pour tous les conducteurs d'EDPM à Paris et en petite couronne, à toute heure, quel que soit leur âge. 135 € et 35 € en cas de contrôle.
La mise en conformité coûte quelques dizaines d'euros. La non-conformité coûte 170 € à chaque contrôle — et, bien avant l'amende, elle vous expose à un traumatisme crânien que le casque évite dans l'immense majorité des chutes urbaines.
Ce n'est pas la mesure la plus populaire. C'est probablement celle qui aura le plus d'effet.
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Sources
- Ville de Paris — Trottinettes électriques : des règles de circulation à respecter, et le texte de l'arrêté n° 2026-00969 du 7 août 2026
- Préfecture de police de Paris — communiqué du 8 août 2026
- Service-Public.gouv.fr — Circulation à trottinette électrique
- Assemblée nationale — réponses ministérielles sur l'accidentologie des EDPM
Article publié en août 2026. La réglementation locale évolue rapidement : nous actualisons cette page à chaque changement. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique.