Réglementation trottinette et draisienne électriques 2026 : le guide complet

L'essentiel en 30 secondes

Vous venez d'acheter une trottinette électrique, ou vous hésitez encore. Et vous entendez tout et son contraire : le casque serait obligatoire, l'assurance facultative, les aires piétonnes interdites… La réalité est plus simple que la rumeur, à condition d'aller lire les textes.

Depuis 2019, la trottinette électrique a un statut juridique précis : c'est un engin de déplacement personnel motorisé (EDPM), encadré par le Code de la route. Voici ce que dit la loi, article par article, à jour de juillet 2026.

Règle Ce que dit la loi
Âge minimum 14 ans sur la voie publique
Vitesse maximale 25 km/h par construction
Piste cyclable Obligatoire quand elle existe
Trottoir Interdit, sauf autorisation de la mairie
Aire piétonne Autorisée à 6 km/h, sans gêner les piétons
Assurance Responsabilité civile obligatoire
Casque Fortement conseillé. Obligatoire si hors agglomération
Passager Interdit : une seule personne
Permis / plaque Aucun des deux n'est requis

1. Qu'est-ce qu'un EDPM, exactement ?

Le décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019 a créé la catégorie des engins de déplacement personnel motorisés. Elle regroupe la trottinette électrique, mais aussi le gyropode, la monoroue, l'hoverboard et le skateboard électrique. Un EDPM est un engin sans place assise, conçu pour transporter une seule personne, dont la vitesse maximale par construction ne dépasse pas 25 km/h.

Au-delà de 25 km/h par construction, votre engin sort de la catégorie. Il devient un véhicule à moteur qui devrait être homologué, immatriculé et assuré comme tel : il est donc interdit sur la voie publique en l'état.

C'est le point que beaucoup d'acheteurs découvrent trop tard : une trottinette annoncée à 45 ou 60 km/h n'est pas « une trottinette puissante ». C'est un engin réservé aux terrains privés.

Et la draisienne électrique ?

Attention à la distinction, elle est souvent mal comprise.

  • Une draisienne électrique pour enfant, bridée à faible vitesse, relève du jouet. Elle s'utilise sur terrain privé.
  • Une draisienne électrique avec siège pesant au maximum 30 kg à vide relève de la catégorie des cyclomobiles légers. Ses règles de circulation sont identiques à celles des EDPM : 14 ans minimum, 25 km/h, assurance responsabilité civile obligatoire.

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2. L'âge minimum : 14 ans

Depuis le 1er septembre 2023, il faut avoir au moins 14 ans pour conduire une trottinette électrique sur la voie publique. Le seuil était auparavant fixé à 12 ans ; il a été relevé après la hausse des accidents graves impliquant de jeunes utilisateurs.

Ni permis ni BSR ne sont exigés.

Pour les plus jeunes, il reste le terrain privé : jardin, cour, allée de résidence. Un enfant de 10 ans ne peut pas rouler sur une piste cyclable avec une trottinette électrique, même bridée.

Et le parent est responsable. Si votre enfant cause un accident, c'est votre responsabilité civile qui est engagée.

3. La vitesse : 25 km/h, et deux infractions à ne pas confondre

La vitesse maximale par construction est plafonnée à 25 km/h. « Par construction » est le mot clé : l'engin doit être incapable d'aller plus vite, pas seulement conduit lentement.

Le Code de la route distingue deux situations :

  • Utiliser un EDPM que vous avez débridé : contravention de 4e classe, 135 €, avec immobilisation, mise en fourrière et confiscation possibles de l'engin (article R. 317-23-1 du Code de la route).
  • Circuler avec un engin dont la vitesse maximale par construction dépasse 25 km/h : contravention de 5e classe, 1 500 €.

Une précision importante : une trottinette disposant d'un mode de vitesse supérieur à 25 km/h n'est pas autorisée à circuler sur la voie publique, même si elle est réglée par défaut sur 25 km/h. Le mode existe, donc l'engin est hors catégorie.

Côté professionnels, la loi est encore plus sévère : fabriquer, importer, vendre ou proposer un dispositif de débridage est puni de deux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende.

Autre conséquence, souvent oubliée : en cas d'accident avec un engin débridé, votre assureur peut refuser sa garantie. Vous payez alors les dommages de votre poche.

4. Où avez-vous le droit de rouler ?

C'est la question qui génère le plus d'amendes, et la plus mal comprise. Rouler hors des zones autorisées coûte 135 €.

En agglomération

Vous devez circuler sur les pistes et bandes cyclables. Lorsque la chaussée est bordée d'une piste de chaque côté, vous empruntez celle de droite, dans le sens de la circulation.

En l'absence de piste ou de bande cyclable, vous pouvez circuler :

  • sur les routes limitées à 50 km/h (jamais de front avec un autre usager) ;
  • sur les aires piétonnes, à allure modérée — 6 km/h — et sans gêner les piétons ;
  • sur les accotements équipés d'un revêtement routier.

Le trottoir : interdit

La circulation sur le trottoir est interdite, sauf si la mairie l'autorise. Dans ce cas seulement, à allure modérée (6 km/h) et sans gêner les piétons. Partout ailleurs, vous mettez pied à terre et vous poussez votre trottinette à la main.

En revanche, le stationnement sur le trottoir est autorisé, tant qu'il ne gêne pas les piétons — la mairie peut là aussi l'interdire.

Hors agglomération

La circulation est interdite, sauf sur les voies vertes et les pistes cyclables.

Seule exception : l'autorité en charge de la police de la circulation peut autoriser la circulation sur des routes limitées à 80 km/h. Dans ce cas précis, et dans ce cas seulement, vous devez porter un casque, un équipement rétroréfléchissant, et rouler feux de position allumés.

Le piège des règles locales. La mairie peut interdire certaines rues, imposer le casque, interdire le stationnement sur les trottoirs. Le même trajet peut être parfaitement légal dans une commune et verbalisé dans la suivante. Si vous roulez toujours au même endroit, cinq minutes sur le site de votre mairie vous éviteront une amende.

5. L'assurance : oui, elle est obligatoire

Vous lirez encore, sur des blogs et jusque dans des articles récents, que l'assurance serait « fortement recommandée ». C'est faux.

Une trottinette électrique est juridiquement un véhicule terrestre à moteur. À ce titre, l'article L211-1 du Code des assurances impose une assurance responsabilité civile pour circuler sur la voie publique. Sans exception, y compris pour un engin bridé à 25 km/h, et y compris pour les trottinettes en libre-service.

Le défaut d'assurance n'est pas une simple contravention : c'est un délit, puni d'une amende pouvant atteindre 3 750 €, assortie de peines complémentaires comme la confiscation du véhicule ou des travaux d'intérêt général.

Comment être couvert ?

  1. Vérifier votre contrat habitation ou votre RC vie privée. Attention : la RC « vie privée » d'un contrat habitation exclut généralement les véhicules terrestres à moteur, donc les EDPM. Appelez votre assureur, ne supposez rien.
  2. Souscrire un contrat dédié. Les administrations recommandent explicitement de contacter son assureur pour un contrat spécifique.

La RC couvre les dommages que vous causez aux autres : un piéton blessé, une voiture rayée. Elle ne couvre ni vos propres blessures, ni le vol, ni la casse de votre trottinette. Pour cela, il faut des garanties complémentaires, à arbitrer selon la valeur de votre engin.

6. Le casque : la vérité, contre-intuitive

Contrairement à ce qu'on lit partout, le casque n'est presque jamais obligatoire en trottinette électrique.

  • En agglomération : il est conseillé, pas obligatoire.
  • Sur les voies vertes et pistes cyclables hors agglomération : conseillé, pas obligatoire.
  • Seule exception : lorsque l'autorité de police autorise, par dérogation, la circulation hors agglomération sur une route limitée à 80 km/h. Là, il devient obligatoire.

Une mairie peut toutefois l'imposer sur sa commune par arrêté — plusieurs l'ont fait. Et des propositions de loi visant à généraliser le casque reviennent régulièrement devant le Parlement, sans avoir abouti à ce jour.

Notre position. « Pas obligatoire » ne veut pas dire « pas nécessaire ». Les travaux du laboratoire ICube de l'Université de Strasbourg, cités devant le Sénat, montrent qu'un usager d'EDPM non casqué risque une fracture du crâne dans près de 95 % des cas, même à faible vitesse — et une commotion cérébrale dans 90 % des cas au-delà de 20 km/h. En 2023, 42 usagers de trottinettes ont perdu la vie sur les routes françaises, contre 35 en 2022. Un casque certifié EN 1078 coûte entre 30 et 80 €.

7. Les équipements obligatoires

Sur l'engin, en permanence

  • Un système de freinage
  • Un avertisseur sonore
  • Des feux de position avant et arrière
  • Des dispositifs rétroréfléchissants arrière et latéraux — les latéraux ne sont pas exigés si les pneus en sont déjà équipés

Feu stop, clignotants et feux supplémentaires sont possibles, mais facultatifs.

Sur vous, la nuit ou par faible visibilité

Un gilet de haute visibilité ou un équipement rétroréfléchissant est obligatoire dès que vous circulez de nuit, ou de jour lorsque la visibilité est insuffisante — pluie, brouillard, tunnel.

8. Ce qui est interdit pendant la conduite

  • Transporter un passager. L'engin est strictement monoplace. 135 €.
  • Porter des écouteurs ou un casque audio.
  • Rouler de front avec un autre EDPM ou un vélo sur la chaussée.
  • Pousser ou tracter une charge, ou se faire remorquer par un véhicule.
  • Conduire sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants. Les mêmes sanctions qu'au volant s'appliquent.
  • Ne pas respecter la signalisation : feux tricolores, stops, sens interdits.

Ces amendes sont cumulables. Un seul contrôle peut chiffrer très vite.

9. Récapitulatif des sanctions

Infraction Sanction
Circulation en dehors des zones autorisées (dont trottoir) 135 €
Transport d'un passager 135 €
Utilisation d'un engin débridé 135 € + fourrière et confiscation possibles
Engin dont la vitesse par construction dépasse 25 km/h 1 500 €
Défaut d'assurance Délit, jusqu'à 3 750 €
Vente d'un dispositif de débridage (professionnel) 2 ans de prison et 30 000 €

10. Et les trottinettes en libre-service ?

Paris a mis fin aux flottes en libre-service en 2023. Cette décision ne concerne que la location free-floating : les Parisiens peuvent continuer à utiliser leur trottinette personnelle, dans le respect des règles ci-dessus.

Toujours à Paris, le stationnement sur les trottoirs des trottinettes en libre-service est interdit, sous peine d'une amende de 49 € à laquelle s'ajoutent les frais de fourrière.

Questions fréquentes

L'assurance trottinette est-elle vraiment obligatoire ?

Oui. La responsabilité civile est obligatoire pour tout EDPM circulant sur la voie publique, y compris bridé à 25 km/h et y compris en libre-service. Le défaut d'assurance est un délit puni jusqu'à 3 750 €.

Le casque est-il obligatoire ?

Non, dans la quasi-totalité des situations. Il n'est légalement imposé que lorsque l'autorité de police autorise la circulation hors agglomération sur une route limitée à 80 km/h. Certaines communes l'imposent par arrêté. Il reste vivement recommandé partout.

Puis-je rouler sur le trottoir si je vais doucement ?

Non, sauf si le maire l'autorise expressément. En revanche, les aires piétonnes sont autorisées à 6 km/h, sans gêner les piétons.

Faut-il un permis ou une immatriculation ?

Non. Ni permis, ni BSR, ni plaque d'immatriculation.

À partir de quel âge peut-on conduire une trottinette électrique ?

14 ans sur la voie publique, depuis le 1er septembre 2023.

Une draisienne électrique suit-elle les mêmes règles ?

Si elle possède un siège et pèse moins de 30 kg à vide, c'est un cyclomobile léger : mêmes règles de circulation que les EDPM. Les draisiennes-jouets pour jeunes enfants s'utilisent sur terrain privé.

Que risque-t-on avec une trottinette débridée ?

135 € d'amende, la fourrière, la confiscation possible de l'engin — et surtout un refus de garantie de votre assureur en cas d'accident. Si l'engin dépasse 25 km/h par construction, l'amende monte à 1 500 €.

En résumé

Trois piliers suffisent à rouler tranquille : un engin conforme (25 km/h, freins, feux, avertisseur, catadioptres), une assurance responsabilité civile, et le bon espace de circulation — piste cyclable d'abord, chaussée à 50 km/h ensuite, jamais le trottoir. Le casque n'est pas obligatoire ; il reste la meilleure décision que vous prendrez cette année.

Toute notre gamme est homologuée pour la route. Et si votre trottinette a besoin d'un feu arrière, de plaquettes ou d'un avertisseur sonore pour redevenir conforme, vous trouverez la pièce chez nous.

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Sources

Article mis à jour en juillet 2026, sur la base de la fiche Service-Public vérifiée le 30 novembre 2024 et du Code de la route en vigueur. La réglementation évolue : nous actualisons cette page à chaque changement. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique.